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awal   Awal

 

 

  Un ouragan poétique

 

   Aït Menguellet a frappé de nouveau. Une nouvelle production vient, crever des abcès pour mieux guérir les plaies. Des thèmes traités avec une précision clinique à l'aide d'une langue dûment estampillée et garantie d'origine.

Une poésie éclatée. Des morceaux de miroirs épars. Aït Menguellet, assume la difficile tâche de mettre le doigt dans les « ulcères », il arrache au sommeil léthargique, à l'inertie pour provoquer les esprits à rechercher Un traitement de choc qui nous fera ouvrir les yeux et l'âme.

Encore une fois, Lounis a construit d'innombrables pièges de mots susceptibles d'exorciser notre mal.

Il détruit tout pour mieux reconstruire. Les thèmes qu'il développe dans ce nouvel album, il y évolue en profondeur, là où la lumière du jour ne pénètre pas et où ce sont ses vers à lui qui font la lumière.

S'il provoque des vagues, le poète ne trouble pas l'eau qui a besoin du calme plat pour nous renvoyer notre image.

L'Algérie, le poète l'aime et l'admire. Il se penche une nouvelle fois sur son chevet.

Aït Menguellet appartient à cette lignée de poètes solaires, enracinés dans la terre, l'eau, la pierre, le vent, la neige...

Izurar af idurar se présente comme une valise à double fond.

Dans la partie visible, il parle de la terre et du pays et dans sa partie cachée, de ceux qui les foulent, qui les piétinent. Une chanson qui met à jour les énergies cachées de notre patrie.

 

Tamurt-iw d izurar  γef idurar

Icudden mebla imurar s igenwan

 

Le charme de l'Algérie est puissant, les vers du poète le rendent irrésistible et durable. Mais ce pays, haut lieu du drame sourd bien des colères.

 

A d-nawi lḥerz ara kem-iṣṣren
Γef-wid i kem-iggaren s tiṭ
A d-nawi ṭṭebba a kem-ẓren
I wakken a d-tegmeḍ cwiṭ

 

Avec cet aplomb qui caractérise Aït Menguellet, il mélange une violence et une dérision sensées.

Ironiste génial, il juge moins les hommes qu'il ne dissèque leurs travers. Ses railleries sont davantage analytiques que destructrices. Avec un humour aigu, il nous dit : « nous sommes forts, très forts. Dans la désolation la plus radicale, nous excellons à faire contre mauvaise fortune gris-humour : Labas ay ahbib laba ».

Rêve-t-il? Affabule-t-il? Colle-t-il au plus près de ses émotions? Peut-être ne le sait-il pas; ce qui nous paraît certain, c'est que sa poésie est folle :

 

Ccna agi d amehbul...

D ccna wmi xerben lemtul

Ay atmaten ur kkatet

 

   Admirable, terrifiante, fébrile et inquiète, ccna agi d amehbul est comme le vent qui annonce la tempête. Le verbe rude est renforcé par des lueurs livides émises par les cordes de sa guitare.

 

Awi run, un maillon d'une longue chaîne, s'acharne à comprendre notre "mécanique "et à faire découvrir au-delà des clichés simplificateurs la complexe réalité algérienne.

Dans une époque où on ne se parle plus, il nous apprend à écouter même le silence.

Notre microcosme se vide un peu plus chaque jour et se vide parce que la peur est là sous toutes ses formes et ce ne sont pas les plus apparentes qui sont les plus terribles.

 

Il dépeint des paysages de défaites. Le désastre est collectif et individuel, on peut le nommer guerre ou suicide. Ce qui perdure, c'est cette sensation de débâcle, de sacrifice absurde et monstrueux. Et ce sont précisément ces absences et ces déroutes qui sont ici fouillées, explorées, froidement dépecées.

Amusnaw a réussi à exprimer des exigences révolutionnaires mais différentes de celles qu'exige la politique.

Lounis se borne à dénoncer l'erreur, à démasquer l'imposture et quand il s'arrête enfin, c'est parce qu'il bute sur nos contradictions.

Pour tamisée qu'elle soit, la violence d'expression d'Aït Menguellet prend à la gorge quand il nous dit :

 

...Imi ur lliγ d amusnaw

Zriγ txerb nneya-w

Γas tagmatt la d-tsawal

 

   Awal est un autre titre par lequel le poète prend de la hauteur et quitte le commerce des hommes et se laisse envahir par la poésie.

Même Tameghra, qu'il a voulue comme une note de fête et d'espoir, n'est pas innocente. Aït Menguellet, quand il nous parle de guerre, c'est pour cesser de la faire mais quand il nous parle d'armes, c'est pour mieux nous désigner la cible.

Avec sept titres, Aït Menguellet nous mène sur un chemin douloureux néanmoins parsemé d'un dynamisme et d'un espoir puissant qui viennent transcender le pessimisme et rendre confiance en un avenir possible, la paix peut-être...

Une œuvre porte le fer au cœur de nos vraies plaies.

 

Au fil des vers, la leçon se fait intense: une poésie folle. Une folie douce que nous devons apprendre à fréquenter. Une folie, qui nous demande de chercher à comprendre pourquoi on accepte de mourir si facilement, pourquoi on vend notre peau au "rabais"

Comment au-delà de l'égoïste merci, ne gardons-nous pas une absolue gratitude à Aït Menguellet d'être le poète qui sauve?

                                                                                                                                      Ahmed Ammour


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