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yennadumghar

 

                    Yenna-d wemγar

 

              Il Y A DU NOUVEAU SOUS LE SOLEIL

 

Il y a du nouveau sous le soleil :

Une ombre,

A pris l'épée pour défendre votre pain.

                                        Arezki Larbi

 

     (( Quêtant le savoir. qu'a dit le sage? que nous dira-t-il? Il a raconté les ères. Même distincts.

les jours ne sont que superpositions. Rien ne se crée tout se renouvelle. ))

Avec« Yenna-d wemγar », Ait Menguellet continue de nous asséner un arriéré de vérités

impitoyables. Une autre plongée en apnée -dans « nous même ». Imperturbable, il poursuit la mise

à nu de sa terre, au moment où les plus fortes certitudes prennent du plomb dans l'aile.

Si c'est un constat d'impuissance, c'est aussi une grande leçon de courage moral.

Un album ouvert, rebelle comme ses prédécesseurs à toute classification. où seule la parole souveraine construit et déconstruit avec énergie du désespoir une réalité aux frontières imprécises.

Déchirures, conflits millénaires à partir desquels s'élabore l'exorcisme.

 

(( Ini-cl a yamghar )) et « Yennad wemghar » : un poème en deux dans lequel les époques se télescopent et les digressions entraînent la discussion dans de longues pauses. pour céder la place à la méditation . On se rend compte alors, que nous avons toujours regardé le monde par le trou de la serrure. Les souvenirs s'exténuent, les mythes s'écaillent. les projets avortent dans l'œuf.

Nous ne sommes qu'un vacarme inutile. En fait, nous savons vers quel récifs nous allons.

Les fragiles ne résisteront pas à cette œuvre. Il faut fouiller ses peurs, ses frustrations. Ses blocages génétiques. Pas grave. Ait Menguellet a horreur de la gentillesse soporifique! Et déborde de tendresse pour ses mots.

 

Quand la mémoire perd ses souvenirs dans une réalité peu soucieuse de poésie, la parole du poète reprend le maquis dans le cœur des hommes. Parole de l'au delà des mots. Parole imprégnée de silence douloureux. Les vécus de chacun se confondent et s'imbriquent comme un seul faisceau.

Dès les premiers vers. Lounis met le doigt sur l'imposture : (( De tisons alimente le brasier. le,feu est patient. Insatiable son dessein est de grandir. Impuissant. le bois de la brûlure souffre. Tout recul est vain. Consumé. il devient cendres. Les cendres régénératrices rejoignent les maquis calcinés pour redevenir des foret in-empiétées. ))

Une saisissante, grinçante vision panoramique de l'Algérie colonisée par les ... siens.

« A dda Yi dir » est une œuvre hantée par des voix mu1tipies qui sere1aient sans re1âche. Ballotées entre leurs certitudes initiales et les dures leçons de l'échec. Le cauchemar est toujours à quelques encablures du rêve. Le spectacle est un enchainell1ent de rythme d'instants qui frôlent la chute. dérivent ers des vertiges aspirés par un néant tranquillité devant un cie1 de cirque piqué d'étoiles. Et comme dans un jeu de manèges. chaque vertige en appelle un autre, au point que la fête tourne à l'hallucination: (( Vous les oisifs. vous qui brassez le vent ! quels seront vos lendemains ? Nul refuge la paix fuit. Vous ne nous rajoutez que votre malédiction à celles que nous subissons. ))

Les brasseurs de vent manipulent leurs sujets qui se comportent en marionnettes insolentes et à leur tour les tiennent en dépendance. Un jeu dupes qui tourne au suicide collectif. Le jeu terminé, en nous retournant, il n'y a que des foyers éteints.

 

Le poète continue de nous soumettre, de se soumettre à d'autres épreuves de vérités. Avec un humour qui tranche avec les exercices de nombril fréquents dans d'autres poésies. Il rend hommage: " Un grand hommage à celui qui a dit :" chaque matin à l'horizon le soleil se lève. Même couvert de nuage son chemin est immuable. Le soir en se couchant, à la nuit il cède sa place. Mais qui est-il? Le plus grand des plus grands la crème de l'élite. Mesurez, modelez, cousez, habillez-le du nom qui vous plait. C'est lui que nous louons"

L'ironie du poète brille par son côté glacial. Elle ne peut briller autrement, elle qui s'insurge contre les concerts de louanges devenus viatiques, les rimes mercenaires et les déclamations courtisanes. En attendant, les héros rasent les murs avant de devenir lémures. Peut-il en être autrement quand on exalte le passé par la résurrection des folklores dans leur sens le plus morbide?

 

Poésie de la parole ardente, poésie de la parole révoltée comme une lave brulante nous la sentons, nous ne la voyons pas: " Le soir las tu fais pitié. Qui a entendu ta voix? Et s'ajoute un jour à tes jours. Un autre jour t'approche de ta fin. Ce jour où ton nom rejoindra l'état des commémorations. "

 

En sentinelle mobile, cette oeuvre oscille entre deux ombres: la mémoire ou l'oubli. l'avenir ou le leurre. Un périple intérieur vertigineux. L'espace et le temps chez Ait Menguellet sont égaux à la géographie et à l'histoire de sa terre.

Avec" Yenna-d wemghar" le poète continue sereinement de planter ses étendards en alliant les techniques poétiques qui lui sont propres avec les grandes échappées du conte.

Au risque donc de démentir "Amghar", avec cet album il y a vraiment du nouveau sous le soleil. ..

 

Dassine Ammour   

 

 

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