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amjahed

   Amjahed

 

     Les guerres se suivent et ne se ressemblent pas toutes. Plus de vingt ans après le début de la lutte pour l'Indépendance, quinze ans après l'avènement de cette même Indépendance, voilà qu'à travers une chanson affectueusement chargée de rythme et de poésie, Lounis AIT MENGUELLET, un enfant de la guerre, rappelle à nos mémoires le sacrifice de ces paysans miséreux, mal armés mais insurgés. Et la valeur rémanente de ce même sacrifice aujourd'hui. Certains n'en sont, en aucune façon, jamais revenus. Enterrés en quelque "pays" étranger mais, et pour cause, enfin redevenu leur.
D'autres nous sont revenus: corps mutilés ou cadavres exsangues, raidis et hagards. Exposés pour l'exemple des nuits, des jours entiers. Et alors:
 

Nous t'avions
bien allongé au plus profond du Croissant. Et nous t'avions
bien enterré sous une constellation
d'étoiles. Nous avions magnifié
ta mort de longues salves de youyous. Mais si seulement
tu pouvais voir tout ce pourquoi tu es mort
ce pourquoi tu as tué
tu te serais survécu.

     Oui: c'est bien vrai que l'Indépendance, habillée de nos "envies encore (et déjà) inassouvies",de tous nos espoirs amplifiés par contre-coup par la misère et la frustration qui les engendraient était, à elle seule, une étape de notre histoire qui méritait -justifiait-la survie. Vingt ans après, à défaut de s'être survécus, nos hommes, nos femmes et nos enfants morts (violemment ou de mort lente) de la guerre se rencontrent parmi nous et en nous. Au détour d'un moment de solitude, d'un instant de méditation.

Ou par une nuit longue d'insomnie. A côté du maquisard, voila sa femme et son fils. Surgis de nos terres, et intégrés en ces mêmes terres dont ils procèdent, à l'image de ces rochers qui nous fascinent:

Elle est de ces filles de notre terre dont le sort
me laisse sans voix. Je l'avais
trouvée là. Immobile face au Rocher -à l'image
de toutes celles qui de tous temps peuplent nos hameaux. A peine
osé-je l'évoquer. Sa main prend
celle de son fils. Sans doute devait-elle
pleurer. Son homme
est mort qui était des tous premiers insurgés. Disparu
dans la tourmente.

 

     Et, lui survivant comme pour mieux signifier sa mort, voici la Vieille -sa mère. Chaque jour vivant ses nuits, chaque nuit mourant d'un pas:

 

Un feu animait la demeure. Flamme
à flamme
il s'est fait cendre. La Vieille elle
veille dans le noir. Elle
scrute toujours sa nuit. Son fils d'où
surgira-t-il. Paradis étendards honneurs

 

     Nos fables sont pour les vieux et les moins vieux: Venues des temps anciens mais vivantes d'une fraîcheur du jour. Celle que nous chante ici Lounis, "Taqsit n tzizwa"  fable de l'Abeille et de la Guêpe), en est un bon exemple:
La Guêpe vient faire ménage avec l'Abeille .
Un témoin anonyme s'inquiète: l'arôme du miel n'en sera-t-il pas affecté?
Le discours a tout pouvoir: à travers le Sage, Isɣi,il met  en évidence une convenable issue pour telle union.
Surtout si, comme il se doit, du nid caduque de la Guêpe on faisait un autel saint.

 

Tout au long d'une face de ce disque, Lounis médite sur les bons (et les moins bons) usages que l'on peut faire du savoir.

D'un livre en l'ocurrence: L'un en fait source de commerce. L'autre en tire le métier d'armes -et s'associe au précédent. Un autre une source de rigueur et de clarté. C'est un peu ce que fait Lounis qui, lui, en tire des poèmes ..

 

Ramdane Saadi    

 

etoiles


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